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Forum des sciences cognitives 2018

Cette année encore, Cogni’junior a participé à la 17ème édition du Forum des Sciences Cognitives organisée par Cognivence à Paris. Au programme : comprendre le fonctionnement du cerveau lorsque nous dormons, étudier les bienfaits de la médiation ou encore découvrir les états de conscience que sont le sommeil ou encore le rêve ! Cet événement permet au grand public d’assister à des conférences et de participer à des ateliers afin de mieux comprendre les sciences cognitives. Chaque année, scientifiques et néophytes sont donc réunis dans la bonne humeur !

 

Notre association Cogni’junior a eu un stand pour elle toute seule. Sur la table, des peluches neurones à foison, des bandes dessinées, des fiches d’activités et des puzzles de cerveau ! Parents et enfants plus que curieux les uns que les autres sont venus nous voir pour manipuler le matériel et nous poser des questions : “Mais c’est quoi ces peluches?” “Un neurone c’est vraiment comme ça dans le cerveau?” “Maman, je peux connecter les peluches entre elles, stp, stp !” Les enfants pouvaient non seulement manipuler les peluches mais également créer leur propre neurone grâce à du matériel qui était à leur disposition. Tous étaient ravis de repartir avec leur neurone fait main ! Plusieurs enseignants sont également venus nous voir, très curieux de nos interventions en classe et des activités que nous proposons. Enfin, certains adolescents nous ont posé des questions sur nos métiers respectifs en nous faisant part de leur attrait pour les sciences. Une journée riche en émotions et une aventure que nous adorons renouveler chaque année !

 

Tania

Nouvelle dans l’association, j’étais ravie d’aider sur le stand de cogni’junior cette année au Forum des Sciences Cognitives ! Pour la première fois, je ne visitais pas les stands mais j’étais exposante ! De très belles rencontres avec des personnes de différents horizons et de tout âge, des moments de complicité et plein de bruits de scratch de peluches se connectant entre elles ! J’ai hâte de pouvoir revivre cette expérience l’année prochaine !

 

Pour en savoir plus

  • http://cognivence.scicog.fr/forum-des-sciences-cognitives-2018/

Collaboration MOOCS

Cogni’Junior a contribué à deux MOOCS entre fin 2017 et début 2018. Retour d’expérience.

par Adeline Lucchesi et Christophe Rodo

 

Education par la recherche : Neurosciences à l’école

Cette année encore, Cogni’Junior répond présent au rendez-vous des Savanturiers et plus particulièrement à l’équipe dynamique composée de Fabien, Régis et Camille. De nombreux membres de notre association ont contribué à ce MOOC. Roselyne, Jessica et Adeline ont créé et/ou présenté du contenu, notamment pour les extensions. Caroline, Adeline, Christophe et Kevin ont parcouru avec un oeil attentif une grande partie du contenu proposé par les Savanturiers. Quant à l’animation, Adeline, Christophe et Kevin ont répondu à quelques questions du forum et ont suivi les avancées des participants et évalué plusieurs projets. Cette année la principale nouveauté, en vue d’alléger le travail du mooc-eur, correspondait à la production non pas d’une expérimentation de A à Z, mais simplement d’une réflexion anticipative du déroulement du projet. Ce MOOC se proposait donc davantage de donner les clés pour aider les enseignants à amorcer ce travail pré-expérimentation. Le pari était aussi de faire se rencontrer, au moins virtuellement, les mooc-eurs motivés ayant les mêmes centres d’intérêt afin de décupler leur travail et d’augmenter les probabilités que leurs projets aboutissent une fois les 5 semaines du MOOC terminées. Des retours d’expérience et un moment de partage autour d’enseignants et de leurs classes sont prévus, comme d’habitude, lors du Congrès des Savanturiers, qui se déroulera sur plusieurs dates et dans différentes villes.

Une aventure enrichissante que l’équipe de Cogni’Junior a été heureuse de pouvoir itérer.

Apprendre et Enseigner avec les Sciences Cognitives

Adeline

Comme l’an dernier, Jean-Luc Berthier et l’Armée de Terre m’ont offert la possibilité de contribuer aux échanges sur leur MOOC, m’incluant gracieusement à l’équipe pédagogique. J’ai eu l’occasion de partager avec des participants et de laisser transparaître l’attitude curieuse et réflexive qu’un chercheur peut avoir en mettant l’accent sur le sujet d’étude qui préoccupait particulièrement, à savoir les apprentissages scolaires. Un plaisir !

 

Christophe

Cette année, j’ai eu le plaisir d’intégrer l’équipe pédagogique du MOOC “Apprendre et Enseigner avec les Sciences Cognitives” porté notamment par Jean-Luc Berthier et l’Armée de Terre. Mon rôle au sein de cette équipe m’a permis d’être en contact direct avec les participants du MOOC afin de répondre à des questions extrêmement précises, mais toujours très intéressantes à propos de mes sujets de prédilections, la mémoire et les apprentissages. Cette mission passionnante et enrichissante qui a été la mienne au cours de ces quelques semaines, m’a permis de répondre à des questions de fond scientifique assez pointues, tout en me permettant d’exposer le fonctionnement de la recherche en questionnant, entre autres, les participants sur la formulation des questions, la fiabilité des sources et en mettant en avant la démarche scientifique.

 

Les questions d’Adeline : Alexia et l’hyperlexie

Alexia et Adeline, deux membres de Cogni’Junior, se découvrent un intérêt commun pour le développement de l’enfant et les pédagogies alternatives. Retour sur un échange en interne !

par Alexia Ostrolenk et Adeline Lucchesi

relecteur Roselyne Chauvin

Alexia Ostrolenk

Bonjour Adeline! Je vais commencer par te présenter mon parcours. Après une formation en neurosciences et sciences cognitives, je suis maintenant en doctorat en sciences psychiatriques à l’Université de Montréal. Je travaille avec des enfants autistes et j’essaye d’en savoir plus sur leurs modes d’apprentissage, notamment pour l’apprentissage de la lecture. Je m’intéresse particulièrement à l’hyperlexie. Les enfants hyperlexiques sont fascinés par les lettres et les mots à un très jeune âge, et apprennent généralement à lire très tôt sans qu’on leur enseigne.
Je m’intéresse aussi beaucoup à la pédagogie et aux méthodes alternatives, parce que notre système éducatif n’est pas forcément bien adapté aux enfants autistes, ou à tous les autres enfants différents. Je suis donc curieuse d’en savoir plus sur ton domaine d’expertise, la pédagogie Montessori. On pourrait peut-être trouver des applications des méthodes que tu utilises appropriées pour les enfants autistes!

Adeline Lucchesi

J’ai un Master Recherche en Sciences Cognitives et je voulais poursuivre par des applications à l’éducation. Je me suis donc formée à la pédagogie Montessori; qui a le privilège de commencer à être testée scientifiquement et d’avoir bonne réputation à l’heure actuelle. Ceci-dit, je conserve un attrait plus large, pour les pédagogies alternatives en général.

L’article de ta remise de prix m’a interpellée : l’hyperlexie (grand intérêt pour la lecture, sous entendu très tôt et tout seul) pourrait être liée à l’autisme. Les écoles Montessori se flattent parfois que leurs élèves apprennent à lire très tôt et tout seul. S’agit-il de la même chose ?

A. O.

Je ne suis pas sûre qu’on puisse comparer l’hyperlexie à la lecture chez les enfants typiques. Chez un enfant autiste, le plus jeune lecteur dont on m’a parlé lisait des mots à 18 mois. C’est un exemple extrême, mais généralement, les hyperlexiques lisent avant 4 ans. Certains apprennent vraiment tout seuls, sans aucun matériel pédagogique mis à disposition car on les croit trop jeunes pour ça. Évidemment, ils sont exposés à des mots et des lettres sans arrêt comme tout le monde, avec la publicité, les journaux, les étiquettes, les sous-titres des vidéos, …
Les enfants typiques apprennent généralement à lire pour communiquer, comprendre un message, tourner les pages d’un livre d’histoires par exemple. Chez les hyperlexiques, c’est une lecture plus compulsive, et des mots séparés un peu partout plus que des phrases complètes. On parle de capacité de décodage plus que de lecture, et le niveau de compréhension est inférieur. Pour l’instant, on en sait assez peu sur comment et pourquoi l’hyperlexie se développe. C’est le sujet de mon doctorat!
Comment se passe l’apprentissage de la lecture avec tes élèves ? Je me demande si le matériel Montessori qui marche avec les enfants neurotypiques pourrait s’adapter au fonctionnement différent des enfants autistes.

A. L.

Si les élèves d’écoles Montessori ont souvent la sensation d’apprendre à lire par eux-mêmes, ils/elles sont cependant au contact d’un matériel pédagogique spécifique (les lettres rugueuses, l’alphabet mobile…) censé supporter et favoriser l’acquisition de la lecture notamment à travers un mode de présentation et d’apprentissage basé sur des jeux mnésiques précis (la leçon en trois temps). L’enfant acquiert de l’information sur la lettre, non seulement visuellement, mais aussi en entendant le son associé à cette lettre et en traçant sa représentation graphique. Il/elle apprend à les discriminer. On lui apprend ensuite à combiner les sons des lettres sur des mots très courts puis on s’exerce sur des mots plus longs. Les exceptions sont explicitées, à l’instar de « en » qui ne se prononce pas « eu-ne ». Mais voilà, l’idée c’est de leur donner les briques de base et de les voir se les approprier et généraliser par eux-mêmes.
Trois-six ans, c’est la tranche d’âge durant laquelle les enfants en établissement Montessori sont exposés aux fondamentaux de la lecture et nombre d’entre eux présentent une grande curiosité à cet égard, avec une explosion à 4 ans.

A. O.

Dans le cas de l’hyperlexie, on observe une sorte d’appétit précoce et avancé pour les lettres. La plupart des enfants autistes s’intéressent à la lecture avant même de maîtriser le langage oral. Ils ont l’air de trouver tout le matériel d’apprentissage nécessaire dans leur environnement, mais peut-être que le matériel Montessori serait une façon d’enrichir ce qui est à leur disposition.

A. L.

Pardonne ma question de non initiée, mais, retrouve-t-on dans la littérature scientifique des données qui soutiennent l’idée selon laquelle les enfants autistes auraient du mal à faire le tri concernant l’ensemble des stimuli de leur environnement ou est-ce une croyance dépassée ? Par exemple, moi, là maintenant tout de suite, je fais attention à ce que tu dis, et non pas au bruit du café en cours, ou de la voiture qui passe dans la rue… Mais s’il m’était difficile d’ignorer les stimuli de l’environnement – comme j’ai cru comprendre que c’était le cas avec des enfants autistes – même les stimuli les moins pertinents ou utiles, alors, il est probable que toutes ces lettres présentes partout, étiquette, publicité, papiers tomberaient sous le champ de ma perception, comme tout le reste, non ?

A. O.

Tout à fait. Certaines études rapportent que les autistes ont plus de mal à faire le tri dans leurs perceptions, et absorbent beaucoup d’informations à la fois. Les lettres sont très présentes autour de nous, et en plus, elles offrent une certaine constance et ont donc un côté rassurant, tout particulièrement pour des personnes attachées à la régularité et à une certaine routine. Les autistes ont aussi des facilités en reconnaissance de patterns, ce qui fait que les lettres pourraient être parfaitement adaptées à leur perception!

A. L.

Et dans ce cas, il ne s’agit plus de penser que les enfants autistes et hyperlexiques privilégient le langage écrit avant le langage oral, ce qui paraît surprenant quand on pense à une chronologie ou hiérarchie dans la communication humaine; mais plutôt que ce sont deux choses différentes et dans deux plans différents, l’une étant reliée aux symboles et patterns, à une question de régularité dans l’environnement; et l’autre à la communication. Finalement dans leur environnement, ils/elles sont très exposés au langage écrit et oral mais cela n’implique pas qu’ils/elles écrivent ou parlent précocément. Cela implique seulement qu’ils/elles reconnaissent le système d’écriture parce qu’ils/elles sont sensibles aux régularités et donc présentent les caractéristiques de l’hyperlexie.

A. O.

C’est exactement ça! Dans un projet de recherche que j’ai commencé à la clinique d’évaluation de l’autisme où je travaille, nos données préliminaires montrent que 40% des enfants autistes diagnostiqués à la clinique avaient aussi un intérêt intense ou exclusif pour les lettres, ce qui était significativement supérieur à ceux qui n’obtenaient pas de diagnostic de trouble du spectre autistique. Ce deuxième groupe avait des traits autistiques qui justifiaient leur visite à la clinique, mais leur évaluation d’autisme était finalement négative. On va maintenant comparer ces résultats avec ceux d’un groupe d’enfants neurotypiques. Cela peut suggérer que l’intérêt précoce des enfants autistes les pousse vers l’apprentissage de la lecture très tôt. Des études supplémentaires sont nécessaires, mais c’est un champ de recherche passionnant !

A. L.

Oui ! Merci de partager le fruit de ton travail ! La pédagogie Montessori ne parle pas tellement de la relation entre parler et lire, si ce n’est qu’elle reconnaît l’antériorité du langage oral sur la lecture, comme communément accepté de tous. Par contre, elle souligne l’importance de donner les moyens aux enfants d’écrire, avant de lire. Parce qu’écrire est plus simple, dans le sens où l’auteur connaît d’emblée le contenu du message, alors que pour lire, on peut n’avoir aucune idée de ce dont il s’agit. Ecrire c’est vouloir transmettre, et ça fait donc partie de l’élan qu’on a, de vouloir communiquer avec l’autre, alors que lire c’est déchiffrer la pensée d’autrui. Et puis, le matériel pédagogique Montessori propose des outils plutôt ingénieux pour aider l’enfant qui a cette soif de partage mais ne peut pas encore physiquement écrire, en proposant par exemple un alphabet mobile. L’enfant qui ne maîtrise pas encore sa main pour écrire adéquatement, peut, de façon moins fine, attraper de petites lettres en bois déjà formées, et n’a qu’à les agencer, les ordonner, pour former sa pensée – écrire.

A. O.

Ce raisonnement se tient tout à fait pour des enfants typiques, mais pas pour les autistes qui sont bien plus intéressés par le décodage que par la communication orale à cet âge-là. En revanche, je te suis tout à fait sur l’idée de mettre du matériel à disposition des enfants même lorsqu’ils n’ont pas encore développé toutes les aptitudes nécessaires pour le maîtriser! On voit souvent des enfants qui ne sont pas encore capables de tenir un crayon et d’écrire sur papier, mais qui tapent des mots entiers sur un clavier d’ordinateur ou un Ipad. On pourrait facilement croire qu’ils sont incapables d’écrire si on se trompait de matériel! Je crois qu’il est vraiment important de penser aux meilleures façons de découvrir le potentiel maximal des enfants, ou plutôt de leur laisser nous le montrer. Et c’est valable pour tous les enfants, autistes ou non! Dans le cas des enfants autistes, mon groupe de recherche se concentre sur leurs forces plutôt que leurs déficits, et ça a un très grand impact sur la façon dont ces enfants sont perçus. On veut montrer aux parents que leurs enfants ont certaines capacités exceptionnelles, et qu’on peut les mettre à profit pour travailler sur les faiblesses.

A. L.

Merci pour cet échange !

A. O.

À bientôt !

Retour sur l’assemblée constituante

 

Comme présentée au travers des outils de communication de Cogni’Junior, l’assemblée générale constituante s’est tenue le 30 septembre 2017, de 16h à 18h. Une partie de l’équipe s’est réunie au CRI, 21ème étage de la Tour Montparnasse, alors que le reste des convives s’est connecté via skype. Au total, douze personnes ont participé à cette première réunion officielle.

 

Après les premiers 3 mois d’activité et de mise en place des détails administratifs, il est temps de vous annoncer officiellement le déroulement et le résultat de cette séance exceptionnelle:

Après vingt minutes de tour de table qui ont permises de faire connaissance des personnes intéressées pour rejoindre Cogni’junior, nous sommes rentrées dans le vif du sujet. Roselyne a mis en oeuvre sa présentation de l’association à travers l’historique de Cogni’Junior, les 3 types d’activités (matériel de vulgarisation, interventions et projets), mais aussi la présentation de l’équipe et des partenaires puis les rôles, outils et ressources proposés. Nous avons évoqué les textes officiels ainsi que la chaine youtube en projet d’Alicia et Heloise.

Puis quarante minutes plus tard, nous avons procédé aux élections du conseil d’administration et des membres du bureau. Les voicis élus tous à l’unanimité ci-dessous :

Poste de Président·e : Roselyne Chauvin
Trésorier·e : Caroline Saunier
Secrétaire : Adeline Lucchesi
Vice Président·e : Jessica Massonié
Vice Trésori·er·ère : Isabelle Mallet
Vice Secrétaire : Romain Rouyer

A ces membres s’ajoutent Christophe RODO et Samira Mansouria CHAKIR EL BOUBAKRI pour former le conseil d’administration.
Nous avons ensuite passé une trentaine de minutes à évoquer les prochaines actualités, les postes à responsabilités au sein des projets actuellement en cours ou à venir et enfin les prochaines étapes de la création d’un point de vue administratif puis en matière de trésorerie, de communication et de formation.
La séance a été levée à 18 heures dans la joie et la bonne humeur, horaire initialement prévu ! Super efficace la nouvelle cogni’junior team 😉

La première réunion officielle du conseil d’administration a eu lieu le 28 janvier de 19h à 21h par skype. Nous y avons validé les deux autres documents administratifs accompagnants les statuts de l’association : le règlement intérieur et la charte.

 

Vous pouvez les retrouvez sur notre pages “à propos”

 

Durant cette réunion, nous avons évoqué un grand nombre de sujets !

Tout d’abord les projets en cours :

  • Oceana: Le développement de la version étendue du kit d’enseignement des neurosciences comprenant plus d’activités pratiques avance à bon train. Nous visons une sortie au printemps. Les partenariats internationaux et académiques se multiplient. Nous vous laissons découvrir le nouveau site internet dédié à ce gros projet.  
  • Ecole inclusive: les illustrations des deux premiers contes de la série avancent. Une sortie courant printemps est à envisager!

 

Grâce à ce passage en association, nous nous organisons. On ré-organise l’espace numérique de travail et on prépare un espace de ressources plus pérennes pour vous partager nos créations. Cela prend un peu de temps …

Vous pouvez les retrouvez sur notre pages “à propos”

Durant cette réunion, nous avons évoqué un grand nombre de sujets !
Tout d’abord les projets en cours :
Oceana: Le développement de la version étendue du kit d’enseignement des neurosciences comprenant plus d’activités pratiques avance à bon train. Nous visons une sortie au printemps. Les partenariats internationaux et académiques se multiplient. Nous vous laissons découvrir le nouveau site internet dédié à ce gros projet.
Ecole inclusive: les illustrations des deux premiers contes de la série avancent. Une sortie courant printemps est à envisager!

Grâce à ce passage en association, nous nous organisons. On ré-organise l’espace numérique de travail et on prépare un espace de ressources plus pérennes pour vous partager nos créations. Cela prend un peu de temps …

Les questions d’Adeline : Caroline et le lien entre Ecole et Laboratoire

Caroline Saunier

Adeline, toi qui as un master recherche en sciences cognitives, à ton avis pourquoi les connaissances sur le cerveau ne parviennent-elles pas jusqu’aux enseignants ?

Adeline Lucchesi

Difficile à dire Caroline, j’ai bien un humble avis après un petit temps de réflexion, mais évidemment c’est à prendre avec des pincettes.

C.S.

Je suis enseignante depuis deux ans, j’ai découvert les sciences cognitives par nécessité, (aparté : comment aurais-je pu enseigner à mes élèves sans comprendre comment leur « machine » fonctionne ?). Mais alors comment trouver les bonnes informations ? Ce mot NEUROSCIENCE, il est mis à toutes les sauces ! Et puis, il me semble que les bienfaits de ces apprentissages ne sont plus à prouver, non ?

A.L.

Tout à fait, Caroline, tu soulèves là, deux problèmes majeurs. Le premier c’est le pouvoir des médias et des maisons d’édition qui n’hésitent pas à afficher des recettes miracles pour faire vendre. Les neurosciences apparaissent alors comme la solution à tous les maux de l’école. Bruno Della Chiesa d’Harvard a déjà publié de nombreuses mises en garde à ce sujet car cette surmédiatisation des neurosciences alimente un deuxième problème qui est celui de la création de neuromythes ! Une mauvaise vulgarisation ou des données mal interprétées ou non validées par la communauté scientifique mais pourtant présentées au grand public comme l’ayant été se diffusent comme une trainée de poudre.

C.S.

Mais alors les chercheurs dans tout cela, n’ont-ils pas un rôle actuel un peu différent qu’auparavant ? Une plus grande responsabilité peut-être ? Il semblerait qu’il y ait toujours eu une sorte de méfiance interdisciplinaire entre les sciences cognitives (perçues comme s’intéressant à réduire un apprenant à un simple cerveau) et les sciences de l’éducation (vues comme regorgeant de didacticiens aux grandes convictions sans aucunes preuves scientifiques). Est-ce toujours d’actualité ?

A.L.

Oui bien sûr, et puis chacun y va de ses opinions puisque chacun a gardé enfoui quelque part un souvenir d’élève (sûrement biaisé par sa mémoire, d’ailleurs). C’est normal, mais est-ce que ça aide à prendre « la bonne décision » ? Et puis du coup: Comment identifier la « bonne décision », quels critères lui donner ? Sur des sujets si difficiles car multifactoriels, il peut difficilement y avoir une lecture univoque de la réalité donc on a intérêt à travailler ensemble pour enrichir notre compréhension de cet objet d’étude complexe. Gardons à l’esprit que : « la science ne peut et ne devrait jamais nous dicter notre conduite d’éducateurs, de citoyens et d’êtres humains ». Pas étonnant (mais probablement rassurant) qu’on se dirige de plus en plus vers « une éthique de la communication en neuroscience ».

C.S.

Je comprends l’idée de lecture univoque et cela me fait penser à Edgar Morin qui introduit la pensée complexe en parlant de ce qu’il a appelé le « paradigme de simplification » que Descartes a lui-même déjà évoqué lorsqu’il explique que l’homme a disjoint « le sujet pensant » et « la chose étendue ». Il explique que cela a sans doute permis de grands progrès dans la recherche scientifique de par l’hyperspécialisation. Il en va de même dans la pensée philosophique. Mais cette « disjonction » rend ainsi plus rare la communication entre les deux univers.

A.L.

Edgar Morin parle également d’une « intelligence aveugle qui détruit les ensembles et les totalités ».

C.S.

Pourtant il faut bien que certaines choses changent ! Car comme nous le disent Lanoë, Lubin et Rossi suite à leur expérimentation, lorsque les enfants comprennent comment fonctionne leur cerveau, ils apprennent mieux. Ceci est un fait et n’est plus à prouver.

A.L.

Complètement, et tu as raison ; l’école a besoin d’évoluer à la lumière de ces découvertes mais de nombreux freins sont encore à lever notamment celui que nous explique Stanislas Dehaene avec son expérimentation sur la lecture et les conclusions suivantes : « Notre conclusion sera donc très simple : la science de la lecture est solide ; les principes pédagogiques qui en découlent sont aujourd’hui bien connus ; seule leur mise en application dans les classes demande encore un effort important ».

C.S.

Mais alors tu veux dire par là que la théorie n’est pas
toujours reproductible en pratique ? Tu ne crois pas que cela vienne du fait qu’en laboratoire on parvient à maîtriser presque tous les paramètres, ce qui n’est pas le cas dans la réalité du terrain, surtout en travaillant avec « de l’Humain » ?!

A.L.

C’est plus complexe que cela… Idéalement, et c’est un peu le parti-pris de Cogni’Junior, si les scientifiques vulgarisent directement leurs travaux et découvertes on peut peut-être réduire les dérives de simplifications hazardeuses. On doit changer de manière de penser, accepter d’être déstabilisé, de faire face à certaines dissonances cognitives. Avoir une attitude réflexive et critique face aux informations. Travailler en équipe peut y aider (mais attention à la pression sociale, biais de désirabilité et de conformité…). En tout cas je pense que notre pensée évolue plus facilement dans la collaboration. On s’en rend compte tous les jours chez Cogni’junior, non ? Bien que cela reste anecdotique !

C.S.

Oui c’est bien vrai, mais tout de même n’y a-t-il pas quelque chose qui pourrait être fait au niveau de la formation initiale ? Il est difficile de juger du contenu d’un master mais le MEEF (métier de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) ne m’a pas apporté beaucoup d’outils pratiques pour enseigner dans ma classe pour la première fois. En Suisse la formation dans les hautes écoles pédagogiques dure jusqu’à cinq années pour pouvoir devenir enseignant. Et les enseignants du secondaire sont obligés d’enseigner plusieurs disciplines (jusqu’à cinq). Cela me paraît tout de même plus cohérent.

A.L.

Effectivement il y aurait à dire et à faire sur le sujet, je pense avant tout que l’apprentissage du travail en équipe devrait être une priorité. La collaboration entre pairs permettrait de sortir de cette sorte d’immobilisme. Mais aussi cultiver l’approche scientifique (esprit critique et attitude réflexive). La théorie ne doit pas être martelée comme étant la vérité. Elle permet juste de prendre de la hauteur pour mieux analyser le terrain, se trouver sur les épaules du géant en quelque sorte. Accepter aussi l’idée qu’être enseignant signifie beaucoup de choses mais pas exactement « la maîtrise » d’un savoir ou d’une pratique.

C.S.

Oui mais alors les chercheurs dans tout cela ?

A.L.

Et bien ils ont aussi leur part de responsabilité. En imaginant une collaboration entre enseignants et chercheurs, le laboratoire ne doit pas être la toute-puissance. La Recherche-Action ou les Labschools sont un bel exemple de collaboration. Les deux entités, classe et laboratire, sont mis sur un pied d’égalité et elles communiquent librement sans qu’une ait plus de poids que l’autre. Il est nécessaire d’instaurer un dialogue et des allers-retours permanents pour réajuster. C’est ainsi que l’on peut avancer.

C.S.

Donc si je comprends bien le fil de notre discussion (qui fait avancer notre réflexion) la question de départ sous-entend que l’information sur le cerveau ne va pas sans embûche du laboratoire universitaire à l’école mais alors qu’en est-il de l’information dans l’autre sens ? L’expertise de terrain de l’enseignant aux chercheurs ? Nous avons des intuitions à force de pratiquer et nous pouvons émettre quelques hypothèses. Mais celles-ci sont-elles vraiment entendues par les labos ? On parle de pratique « evidence-based », est-ce la solution ?

A.L.

Oui on y vient mais pas seulement. Il me semble qu’il faudrait repenser les interactions. Pour cela il faudrait peut-être une entité intermédiaire ou un espace/temps d’intelligence collective qui soit défini et où l’on pourrait utiliser des sources fiables et croiser les regards et les réflexions sans apporter de recette miracle ou artificielle.

C.S.

Je vois ce que tu veux dire, d’un côté un public plus mature, plus conscient, plus sceptique et de l’autre une source d’information plus juste, facilement accessible mais surtout plus « pure » car dénuée de tout aspect mercantile.

A.L.

Oui et on peut dire qu’une réalité est déjà en marche avec de nouveaux acteurs de terrains qui vont de plus en plus vers une relation horizontale où chaque entité apporte sa pierre à l’édifice, son expertise et contribue non seulement à changer le monde de l’éducation mais la façon dont on l’étudie aussi : Cogni’Junior, OCEANA Cognilearner kit, Synlab, CRI, labschool network, …D’ailleurs notre coopération au sein de Cogni’junior fonctionne complètement dans cet esprit puisqu’enseignants et chercheurs sont égaux, leurs questionnements et apports respectifs pris avec autant de sérieux, et toutes nos contributions sont téléchargeables et accessibles gratuitement.

C.S.

Wouah, ça sonne tellement idéaliste cette réalité. Pourtant c’est possible. Alors finalement le fait que les connaissances sur le cerveau rencontrent certaines résistances dans le monde de l’éducation, c’est l’affaire de tous ?

A.L.

Si je dois donner mon point de vue personnel, je pense que oui. Nous sommes tous concernés. Comme le dit Toscani nous devons « combattre la sur-simplification des contenus scientifiques par une attitude réflexive et, surtout, par une étude épistémologique destinée à déterminer l’origine, la logique, la valeur et la portée des contenus de ces connaissances neuroscientifiques. ». L’on doit cependant, c’est mon avis, s’engager dans plus de discussion pour parvenir à se rapprocher d’une société telle que décrite dans cet article, ou ni politiciens, ni formateurs, ni scientifiques ne doivent se rendre complices activement ou passivement, des marchands d’idées fausses. L’heure de la consommation de la connaissance est finie, place à une co-construction des savoirs, dans une démarche sceptique, d’écoute et d’échange bienveillants.

C.S.

– Ca sonne un peu révolutionnaire cette dernière phrase, mais je suis d’accord avec toi et je souhaite reprendre un passage d’Edgar Morin qui me semble permettre de conclure et en même temps d’ouvrir parfaitement cette réflexion : « la difficulté de la pensée complexe est qu’elle doit affronter le fouillis (le jeu infini des inter-rétroactions), la solidarité des phénomènes entre eux, le brouillard, l’incertitude, la contradiction. Mais nous pouvons élaborer quelques-uns des outils conceptuels, quelques-uns des principes pour cette aventure, et nous pouvons entrevoir le visage du nouveau paradigme de complexité qui devrait émerger. » (Morin, 1990, p. 22)

 

Alors, en route pour l’aventure !
Adeline Lucchesi et Caroline Saunier pour le Synlab, Nipédu et Cogni’junior.

Reference bibliographiques et sitographiques
Morin, E. (1990). Introduction à la pensée complexe. Paris: ESF Editeur.
‘Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux.’ (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
Découvrir son cerveau pour mieux apprendre (PDF Download Available). (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
La « neuro-éducation » dans les médias : ne soyons pas dupes ! (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
Innovation in Education: Bridging the Gap between the Lab and Careers in Life Science Companies. (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here

Fête de la science à Lille – 2017

Cette année encore, nous étions à la Fête de la Science Lilloise, du 4 au 8 octobre, à la gare Saint Sauveur. Une très belle édition sur le thème du voyage. Nous avons proposé un voyage au coeur des maladies neurodégénératives et vasculaires. Et pour cette occasion, Héloïse et Alicia (de Émotions Synesthètes) avait préparé un nouvel épisode de la série MTTVC (Même-Toi-Tu-Vas-Comprendre) sur le thème de la sclérose en plaque.

Nous avons également créé un jeu sur les risques vasculaires qui enseignent les bonnes habitudes à prendre et les mauvaises habitudes à éviter et bien plus pour garder des vaisseaux en bonne santé. Bref, évitons les AVC en jouant à un jeu apparenté à la bonne paye.

Jeu de plateau – les risques cardio-vasculaires

Annonce – assemblée constituante de Cogni’Junior

Cogni’Junior est en pleine effervescence ! La date de l’assemblée constituante approche et toute l’équipe s’active pour organiser son déroulement dans les meilleures conditions possibles. Elle aura lieu le samedi 30 septembre de 16h à 18h  au Centre de Recherche Insterdisciplinaire.
CRI, Tour Maine Montparnasse, 33 Avenue du Maine, 75015 Paris, France.
site web

évènement facebook

 

Après quatre années d’aventures et de réalisation de projets en tout genre, initialement projet de doctorants, il est temps pour Cogni’Junior de voler de ses propres ailes. La décision est prise, nous allons devenir une association loi 1901. Ce n’est pas une mince affaire que de rédiger des statuts associatifs, un règlement intérieur ou encore une charte ! Mais c’est chose faite grâce à la collaboration de tous les participants actifs du projet.

 

Cette future association a pour objet de promouvoir la diffusion des connaissances des recherches en sciences cognitives auprès de la société en :

  • vulgarisant les connaissances en sciences cognitives provenant des laboratoires ;
  • créant du matériel ludique ;
  • proposant des démonstrations, interventions et formations autour de son expertise sous la forme de prestations de service ;
  • s’adressant particulièrement au domaine de l’éducation.

 

Vous aussi vous souhaitez participer à la vulgarisation des sciences cognitives ? Vous avez envie de rejoindre une équipe jeune et dynamique ? Que vous ayez de l’expérience dans le domaine ou non, quel que soit votre cadre de travail ou d’étudiant, vous pouvez dès à présent vous positionner pour un futur poste, mission ou soutien au sein de l’association.

 

Parmi nous, quelques membres investis et motivés se sont déjà proposés pour certains postes du fait de leur connaissance et expérience actuelles du projet mais n’hésitez tout de même pas à postuler à tous les postes. Les élections auront lieu lors de l’assemblée constituante. Vous pouvez d’ores et déjà candidater ici pour tous les postes qui vous intéressent, la clôture des inscriptions est prévue le 24 septembre à 23h.

 

candidater

 

N’oubliez pas, de remplir le bulletin de présence pour annoncer votre participation ou votre souhait de devenir membre, cela permettra de définir au mieux les lieux de rencontres à travers la France.

bulletin de présence

 

Nous avons hâte de vous retrouver !

liste des postes         statuts            réglement        charte

Forum des Sciences Cognitives – 2017

Forum des Sciences Cognitives – Edition 2017

 

 

A l’occasion du Forum des Sciences Cognitives 2017 « Sciences Cognitives et Société »: Nous pensons donc je suis, l’équipe Cogni’Junior a tenu une conférence sur l’introduction des sciences cognitives en classe. L’intervention a suivi la trame de notre nouveau kit OCEANA, proposant un programme d’enseignement des sciences cognitives en école primaire.

Détail : projet OCEANA

La parole s’est alternée entre Isabelle, ayant mis en pace le projet dans sa classe, et Jessica, doctorante, revenant sur les notions scientifiques transmises aux enfants.

 

En voici un petit aperçu:

Une version plus longue est disponible sur le site d’Isabelle.
La veille, Amandine participait à une table ronde autour des sciences cognitives et de la société. Une soirée maintenant organisée depuis 2 ans la veille du forum.
Au menu: La vulgarisation des sciences / La science est-elle neutre et doit elle l’être ? / La science : à quoi ça sert ? Tout cela vu sous trois angles, incluant l’organisation des recherches elles-mêmes, la communication avec le grand public, et les relations avec les domaines politiques et institutionnels.

Les vidéos des interventions sont en cours de traitement. Si vous avez manqué le FSC cette année, ou que vous étiez là mais n’avez pas pu tout voir, vous pourrez bientôt rattraper le coup à la maison.

Et comme à notre habitude maintenant, nous avons eu un espace de présentation de notre matériel. Cette année nous étions à côté du Coglab, un de nos grands partenaires et collaborateur! Après tout, nous sommes tous les deux nés à la Fresco, en même temps. Nous nous transformons en association et prenons notre envol de la Fresco en même temps. Cet espace nous a permis de rencontrer certain d’entre vous, d’accueillir de nouveaux membres motivés et de réfléchir à des collaborations. Nous préparons une année encore très riche de nouveautés!

http://cognivence.scicog.fr/forum-des-sciences-cognitives/

Livre : Le cerveau expliqué à mon petit fils

Cela faisait plusieurs fois que je voyais Le Cerveau expliqué à mon petit-fils dans les bibliothèques, rayon « Enfants », et je me suis décidée à l’acheter.

Jean-Didier Vincent est professeur de physiologie, membre de l’Académie ds Sciences et de l’Académie de Médecine. Dans ce livre, il explique à l’aide de plusieurs mini-chapitres l’anatomie et les fonctions (mémoire, langage, contrôle des sens…) du cerveau. Il replace aussi ces découvertes dans un contexte historique, résumant l’émergence des sciences cognitives et les débats associés, tels que les liens entre l’esprit, la pensée et le cerveau.

 

J’ai toutefois été surprise par le style de l’ouvrage, que j’imaginais plus ludique. Le format de « dialogue » semble par moments un peu artificiel, et les transitions, à l’écrit, sont un peu brutales. Le contexte dans lequel j’avais trouvé le livre et mes propres préconceptions m’avaient amenée à imaginer le « petit fils » comme un enfant d’école élémentaire. Fausse route ! Il est en fait âgé de 16 ans. Les explications reposent donc sur des connaissances scolaires et culturelles déjà fournies (le cerveau, les hormones commencent à être enseignés au lycée). Le niveau m’a tout de même semblé un peu haut, les phrases étant denses, et le vocabulaire riche. Par exemple, en parlant du sommeil paradoxal, Jean-Didier Vincent écrit : « Il consoliderait les traces mnésiques ayant une valeur essentielle à la survie du rêveur. C’est en effet dans le domaine de l’adaptation et de la dimension temporelle de l’état fluctuant de la psyché que se trouve la fonction la plus importante de ce sommeil » p. 50 (souligné par nous). Comprendre cette phrase requière d’avoir saisi plusieurs notions en amont. Un glossaire, et davantage de schémas pour les parties techniques, auraient peut-être été les bienvenus.

La richesse de cet ouvrage en fait cependant un outil intéressant pour préparer, en tant qu’éducateur, des interventions ou leçons sur le cerveau. Pour les jeunes enfants, un deuxième effort de clarification et de vulgarisation semble nécessaire. Ayant moins d’expérience avec des élèves de lycée que du primaire, je vous laisse juges du niveau de difficulté : certains passages peuvent peut-être s’intégrer plus que d’autres au programme traditionnel. De manière globale, ce livre condense les thèmes principaux des sciences cognitives, et les informations permettent d’alimenter une culture certaine pour entretenir des interactions avec les enfants.

BD: Les petites bulles de l’attention

Une BD pour comprendre les mécanismes de l’attention ? Dessinée et rédigée par un Directeur de recherche ? C’est possible !

Jean-Philippe Lachaux travaille au sein de l’Unité Inserm “Dynamique Cérébrale et Cognition” à Lyon. En cette fin d’année 2016, les éditions Odile Jacob publient son ouvrage Les petites bulles de l’attention. Se concentrer dans un monde de distraction. On voit assez rapidement que le format est inédit : plus petit qu’une BD, plus grand qu’un livre, assez fin mais bien rempli.

Le “livre” comprend trois parties:

  1.  Une BD sur l’attention, destinée aux petits et grands (dès la maternelle)
  2. Une reprise et un approfondissement des explications, sous forme de texte, assorti de dessins et propositions d’expériences pour mieux comprendre son attention
  3. Un petit jeu de questions / réponses pour ceux qui se demandent toujours comment se concentrer

On pourra s’étonner de découvrir que les dessins, au design comique et coloré, sont de l’auteur lui-même. Chaque planche de BD porte un titre explicite, pour expliquer une notion précise. Jean-Philippe Lachaux commence par expliquer ce qu’est le cerveau et à quoi il sert. Les neurones entrent bien entendus en scène, prenant la forme de créatures proches des éléphants: les informations arrivent pas les oreilles (dendrites) et les messages sont envoyés par la trompe (l’axone). Si vous trouvez que cela est différent de notre version Cogni’Junior, c’est parce que ces fascinantes cellules éveillent des idées et métaphores différents chez les scientifiques eux-mêmes ! La BD oscille entre un format narratif et des explications scientifiques, toujours illustrées. Le livre est écrit à la 2e personne du singulier et le personnage principal est le lecteur (désolé, vous serez un chauve à la tête bien ronde). Pour différentes actions exécutées par le personnage, on voit ses neurones s’activer.

Jean-Philippe Lachaux explique les mécanismes de l’attention avec beaucoup d’imagination et d’humour. Il utilise des images vivantes et des métaphores pratiques visant à mieux contrôler son attention. On retrouve ainsi Maximoi, le sage aux grandes intentions, qui donne des missions précises et concrètes à Minimoi pour une exécution rapide et efficace. L’image de la poutre est aussi très parlante pour qualifier le type d’attention requis pour certaines tâches: plus ou moins longue, plus ou moins étroite (difficile à traverser), plus ou moins haute (associée à des enjeux importants).

Nous allons nous arrêter là pour ne pas spoiler la lecture 🙂

Le texte suivant la BD en reprend les notions principales. On regrettera parfois de ne pas avoir eu des informations plus tôt. Par exemple, les neurones de la BD ont différentes couleurs en fonction de leur localisation dans le cerveau. (C’est peut-être fait exprès pour relire la BD !). De plus, Jean-Philippe Lachaux utilise l’image de neurones- chefs pour parler des neurones du cortex préfrontal, notamment impliqués dans la planification d’actions complexes. Etant donné cette fonction de coordination, c’est une métaphore tout à fait justifiée. Cependant, c’est un parti pris que nous avons souhaité éviter dans notre narration Mimi la microglie, afin de mettre en avant l’activation de réseaux cérébraux étendus et de ne pas donner l’image d’un centre localisé de l’identité. On comprend bien toutefois dans l’ouvrage de Jean-Philippe Lachaux qu’une personne se définit par de multiples désirs, intentions et actions impliquant un vaste ensemble de neurones. La deuxième partie de l’ouvrage est donc une reprise utile de la BD, et les expériences proposées sont simples et ludiques. Un petit bonus aurait peut-être été une liste de références externes pour continuer la recherche d’information sur le sujet (à la fois pour les éducateurs et les jeunes).

En bref, un livre à recommander, pour entrer dans le sujet, passer un bon moment et/ou discuter de l’attention avec les plus jeunes.

  • Pour un format plus traditionnel de livre scientifique, vous pourrez trouver l’ouvrage Le Cerveau Funambule. Comprendre et apprivoiser son attention grâce aux neurosciences (2015), du même auteur.
  • Comme on est un peu égoïstes, on vous fait un peu de pub pour notre BD.
  • La Main à la Pâte propose des activités à faire en classe sur l’attention.

 

Jessica Massonnié