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Retour sur l’assemblée constituante

 

Comme présentée au travers des outils de communication de Cogni’Junior, l’assemblée générale constituante s’est tenue le 30 septembre 2017, de 16h à 18h. Une partie de l’équipe s’est réunie au CRI, 21ème étage de la Tour Montparnasse, alors que le reste des convives s’est connecté via skype. Au total, douze personnes ont participé à cette première réunion officielle.

 

Après les premiers 3 mois d’activité et de mise en place des détails administratifs, il est temps de vous annoncer officiellement le déroulement et le résultat de cette séance exceptionnelle:

Après vingt minutes de tour de table qui ont permises de faire connaissance des personnes intéressées pour rejoindre Cogni’junior, nous sommes rentrées dans le vif du sujet. Roselyne a mis en oeuvre sa présentation de l’association à travers l’historique de Cogni’Junior, les 3 types d’activités (matériel de vulgarisation, interventions et projets), mais aussi la présentation de l’équipe et des partenaires puis les rôles, outils et ressources proposés. Nous avons évoqué les textes officiels ainsi que la chaine youtube en projet d’Alicia et Heloise.

Puis quarante minutes plus tard, nous avons procédé aux élections du conseil d’administration et des membres du bureau. Les voicis élus tous à l’unanimité ci-dessous :

Poste de Président·e : Roselyne Chauvin
Trésorier·e : Caroline Saunier
Secrétaire : Adeline Lucchesi
Vice Président·e : Jessica Massonié
Vice Trésori·er·ère : Isabelle Mallet
Vice Secrétaire : Romain Rouyer

A ces membres s’ajoutent Christophe RODO et Samira Mansouria CHAKIR EL BOUBAKRI pour former le conseil d’administration.
Nous avons ensuite passé une trentaine de minutes à évoquer les prochaines actualités, les postes à responsabilités au sein des projets actuellement en cours ou à venir et enfin les prochaines étapes de la création d’un point de vue administratif puis en matière de trésorerie, de communication et de formation.
La séance a été levée à 18 heures dans la joie et la bonne humeur, horaire initialement prévu ! Super efficace la nouvelle cogni’junior team 😉

La première réunion officielle du conseil d’administration a eu lieu le 28 janvier de 19h à 21h par skype. Nous y avons validé les deux autres documents administratifs accompagnants les statuts de l’association : le règlement intérieur et la charte.

 

Vous pouvez les retrouvez sur notre pages “à propos”

 

Durant cette réunion, nous avons évoqué un grand nombre de sujets !

Tout d’abord les projets en cours :

  • Oceana: Le développement de la version étendue du kit d’enseignement des neurosciences comprenant plus d’activités pratiques avance à bon train. Nous visons une sortie au printemps. Les partenariats internationaux et académiques se multiplient. Nous vous laissons découvrir le nouveau site internet dédié à ce gros projet.  
  • Ecole inclusive: les illustrations des deux premiers contes de la série avancent. Une sortie courant printemps est à envisager!

 

Grâce à ce passage en association, nous nous organisons. On ré-organise l’espace numérique de travail et on prépare un espace de ressources plus pérennes pour vous partager nos créations. Cela prend un peu de temps …

Vous pouvez les retrouvez sur notre pages “à propos”

Durant cette réunion, nous avons évoqué un grand nombre de sujets !
Tout d’abord les projets en cours :
Oceana: Le développement de la version étendue du kit d’enseignement des neurosciences comprenant plus d’activités pratiques avance à bon train. Nous visons une sortie au printemps. Les partenariats internationaux et académiques se multiplient. Nous vous laissons découvrir le nouveau site internet dédié à ce gros projet.
Ecole inclusive: les illustrations des deux premiers contes de la série avancent. Une sortie courant printemps est à envisager!

Grâce à ce passage en association, nous nous organisons. On ré-organise l’espace numérique de travail et on prépare un espace de ressources plus pérennes pour vous partager nos créations. Cela prend un peu de temps …

Les lignes d’Adeline : Caroline et le lien entre Ecole et Laboratoire

Caroline Saunier

Adeline, toi qui est chercheuse en sciences cognitives, à ton avis pourquoi les connaissances sur le cerveau ne parviennent-elles pas jusqu’aux enseignants ?

Adeline Lucchesi

Difficile à dire Caroline, j’ai bien un humble avis après un petit temps de réflexion, donc bien évidemment c’est à prendre avec des pincettes.

C.S.

Je suis enseignante depuis deux ans, j’ai découvert les sciences cognitives par nécessité, (aparté : comment aurais-je pu enseigner à mes élèves sans comprendre comment leur « machine » fonctionne ?). Mais alors comment trouver les bonnes informations ? Ce mot NEUROSCIENCE, il est mis à toutes les sauces ! Et puis, il me semble que les bienfaits de ces apprentissages ne sont plus à prouver, non ?

A.L.

Tout à fait, Caroline, tu soulèves là, deux problèmes majeurs. Le premier c’est le pouvoir des médias et des maisons d’édition dont tout le monde connaît les intérêts et qui n’hésitent pas à donner des recettes miracles. Les neurosciences apparaissent alors comme la solution à tous les maux de l’école. Bruno Della Chiesa d’Harvard a déjà publié de nombreuses mises en garde à ce sujet car cette surmédiatisation des neurosciences alimente un deuxième problème qui est celui de la création de neuromythes ! Une mauvaise vulgarisation ou des données mal interprétées ou non validées par la communauté scientifique mais pourtant présentées au grand public comme l’ayant été se diffusent comme une trainée de poudre.

C.S.

Mais alors les chercheurs dans tout cela, n’ont-ils pas un rôle actuel un peu différent qu’auparavant ? Une plus grande responsabilité peut-être ? Il semblerait qu’il y ait toujours eu une sorte de méfiance interdisciplinaire entre les sciences cognitives (comment réduire un apprenant à un simple cerveau) et les sciences de l’éducation (didacticiens aux grandes convictions sans aucunes preuves scientifiques). Est-ce toujours d’actualité ?

A.L.

Oui bien sûr, sans parler du fait que chacun y va de ses opinions puisque chacun à garder enfouit quelque part un souvenir (surement biaisé par sa mémoire) d’élève. Le fait étant qu’il ne peut pas y avoir une lecture univoque de la réalité. Et puis il fait aussi garder à l’esprit que : « la science ne peut et ne devrait jamais nous dicter notre conduite d’éducateurs, de citoyens et d’êtres humains ». On se dirige de plus en plus vers « une éthique de la communication en neuroscience ».

C.S.

Je comprends l’idée de lecture univoque et cela me fait penser à Edgar Morin qui introduit la pensée complexe en parlant de ce qu’il a appelé le « paradigme de simplification » que Descartes a lui-même déjà évoqué lorsqu’il explique que l’homme a disjoint « le sujet pensant » et « la chose étendue ». Il explique que cela a sans doute permis de grands progrès dans la recherche scientifique de par l’hyperspécialisation. Il en va de même dans la pensée philosophique. Mais cette « disjonction » rend ainsi plus rare la communication entre les deux univers.

A.L.

Oui c’est vrai j’ai lu ça aussi. Edgar Morin parle d’une « intelligence aveugle qui détruit les ensembles et les totalités »

C.S.

Pourtant il faut bien que certaines choses changent ! Car comme nous le disent Lanoë, Lubin et Rossi suite à leur expérimentation, lorsque les enfants comprennent comment fonctionne leur cerveau, ils apprennent mieux. Ceci est un fait et n’est plus à prouver.

A.L.

Complètement et tu as raison ; l’école a besoin d’évoluer à la lumière de ces découvertes mais de nombreux freins sont encore à lever notamment celui que nous explique Stanislas Dehaene avec son expérimentation sur la lecture et les conclusions suivantes : « Notre conclusion sera donc très simple : la science de la lecture est solide ; les principes pédagogiques qui en découlent sont aujourd’hui bien connus ; seule leur mise en application dans les classes demande encore un effort important »

C.S.

Mais alors tu veux dire par là que la théorie n’est pas
toujours reproductible en pratique ? Tu ne crois pas que cela vienne du fait qu’en laboratoire on parvient à maitriser presque tous les paramètres, ce qui n’est pas le cas dans la réalité du terrain, surtout en travaillant avec  » de l’Humain » !

A.L.

C’est plus complexe que cela…déjà il me semble important de sortir du cercle vicieux des médias. Il nous faut changer de manière de penser. Adopter une vision systémique de notre environnement. Et pour pouvoir faire cela, il faut accepter d’être déstabilisé, accepter de faire face à certaines dissonances cognitives. Avoir une attitude réflexive et critique face aux informations. Cela est souvent plus facile à gérer lorsque l’on travaille en équipe. Notre pensée évolue plus facilement dans la collaboration. Et on s’en rend compte tous les jours chez Cogni’junior !

C.S.

Oui c’est bien vrai, mais tout de même n’y a-t-il pas quelque chose qui pourrait être fait un niveau de la formation initiale ? Il est difficile de juger du contenu d’un master mais le MEEF (métier de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) ne m’a pas apporté beaucoup d’outils pratiques pour enseigner dans ma classe pour la première fois. En Suisse la formation dans les hautes écoles pédagogiques dure jusqu’à cinq années pour pouvoir devenir enseignant. Et les enseignants du secondaire sont obligés d’enseigner plusieurs disciplines (jusqu’à cinq). Cela me paraît tout de même plus cohérent.

A.L.

Effectivement il y aurait à dire et à faire sur le sujet, je pense avant tout que l’apprentissage du travail en équipe devrait être une priorité. La collaboration entre les pairs permettrait de sortir d’un certain immobilisme. Mais aussi une certaine approche de la culture scientifique dans le sens de parvenir à garder un esprit critique et une attitude réflexive, la théorie ne doit pas être la vérité. Elle permet juste de prendre de la hauteur pour mieux analyser le terrain, se trouver sur les épaules du géant en quelque sorte. Accepter aussi l’idée qu’être enseignant signifie beaucoup de choses mais certainement pas « la maitrise » d’un savoir ou d’une pratique.

C.S.

Oui mais alors les chercheurs dans tout cela ?

A.L.

Et bien ils ont aussi leur part de responsabilité. En imaginant une collaboration entre enseignant et chercheur, le laboratoire ne doit pas être la toute-puissance. Les recherches Action ou les Labschool sont un bel exemple de collaboration. Les deux entités classe et labo sont mis sur un même pied d ‘égalité et elles communiquent librement sans qu’une ait plus de poids que l’autre. Il est nécessaire d’instaurer un dialogue et des allers-retours permanents pour réajuster. C’est seulement comme cela que l’on pourra avancer.

C.S.

Donc si je comprends bien le fil de notre discussion (qui fait avancer notre réflexion) la question de départ sous-entend que l’information sur le cerveau ne va pas sans embûche de l’université à l’école mais alors qu’en est-il de l’information dans l’autre sens ? L’expertise de terrain de l’enseignant aux universités ? Nous avons des intuitions à force de pratiquer et nous pouvons émettre quelques hypothèses. Mais celles-ci sont-elles vraiment entendues par les labos ? On parle de pratique « evidence-based », est-ce la solution ?

A.L.

Oui on y vient mais pas seulement. Il me semble qu’il faudrait repenser les interactions. Pour cela il faudrait peut-être une entité intermédiaire ou un espace/temps d’intelligence collective qui soit défini et où l’on pourrait utiliser des sources fiables et croiser les regards et les réflexions sans apporter de recette miracle ou artificielle.

C.S.

Je vois ce que tu veux dire, d’un côté un public plus mature, plus conscient, plus sceptique et de l’autre une source d’information plus juste, facilement accessible mais surtout plus « pure » car dénué de tout aspect mercantile.

A.L.

Oui et on peut dire qu’une réalité est déjà en marche avec de nouveaux acteurs de terrains qui vont de plus en plus vers une relation horizontale ou chaque entité apporte sa pierre à l’édifice, son expertise et contribue non seulement à changer le monde de l’éducation mais la façon dont on l’étudie aussi : cognijunior, OCEANA Cognilearner kit, synlab, CRI, labschool network, …D’ailleurs notre coopération au sein de Cogni’junior fonctionne complètement dans cet esprit puisqu’enseignants et chercheurs sont sur un pied d’égalité et toutes nos contributions sont téléchargeables et accessibles gratuitement.

C.S.

Wouah, ça sonne tellement idéaliste cette réalité. Pourtant c’est possible. Alors finalement le fait que les connaissances sur le cerveau rencontrent certaines résistances dans le monde de l’éducation, c’est l’affaire de tous ?

A.L.

Si je dois donner mon point de vue personnel, je pense que oui. Nous sommes tous concernés. Comme le dit Toscani nous devons « combattre la sur-simplification des contenus scientifiques par une attitude réflexive et, surtout, par une étude épistémologique destinée à déterminer l’origine, la logique, la valeur et la portée des contenus de ces connaissances neuroscientifiques. ». L’on doit cependant, c’est mon avis, s’engager dans plus de discussion pour parvenir à se rapprocher d’une société telle que décrite dans cet article, ou ni politiciens, ni formateurs, ni scientifiques ne doivent se rendre complices activement ou passivement, des marchands d’idées fausses. L’heure de la consommation de la connaissance est finie, place à une co-construction des savoirs, dans une démarche sceptique, d’écoute et d’échange bienveillants.

C.S.

– Ca sonne un peu révolutionnaire cette dernière phrase, mais je suis d’accord avec toi et je souhaite reprendre un passage d’Edgar Morin qui me semble permettre de conclure et en même temps d’ouvrir parfaitement cette réflexion : « la difficulté de la pensée complexe est qu’elle doit affronter le fouillis (le jeu infini des inter-rétroactions), la solidarité des phénomènes entre eux, le brouillard, l’incertitude, la contradiction. Mais nous pouvons élaborer quelques-uns des outils conceptuels, quelques-uns des principes pour cette aventure, et nous pouvons entrevoir le visage du nouveau paradigme de complexité qui devrait émerger. » (Morin, 1990, p. 22)

 

Alors, en route pour l’aventure !
Adeline Lucchesi et Caroline Saunier pour le Synlab, Nipédu et Cogni’junior.

Reference bibliographiques et sitographiques
Morin, E. (1990). Introduction à la pensée complexe. Paris: ESF Editeur.
‘Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux.’ (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
Découvrir son cerveau pour mieux apprendre (PDF Download Available). (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
La « neuro-éducation » dans les médias : ne soyons pas dupes ! (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here
Innovation in Education: Bridging the Gap between the Lab and Careers in Life Science Companies. (n.d.). Retrieved December 30, 2016, from here

Annonce – assemblée constituante de Cogni’Junior

Cogni’Junior est en pleine effervescence ! La date de l’assemblée constituante approche et toute l’équipe s’active pour organiser son déroulement dans les meilleures conditions possibles. Elle aura lieu le samedi 30 septembre de 16h à 18h  au Centre de Recherche Insterdisciplinaire.
CRI, Tour Maine Montparnasse, 33 Avenue du Maine, 75015 Paris, France.
site web

évènement facebook

 

Après quatre années d’aventures et de réalisation de projets en tout genre, initialement projet de doctorants, il est temps pour Cogni’Junior de voler de ses propres ailes. La décision est prise, nous allons devenir une association loi 1901. Ce n’est pas une mince affaire que de rédiger des statuts associatifs, un règlement intérieur ou encore une charte ! Mais c’est chose faite grâce à la collaboration de tous les participants actifs du projet.

 

Cette future association a pour objet de promouvoir la diffusion des connaissances des recherches en sciences cognitives auprès de la société en :

  • vulgarisant les connaissances en sciences cognitives provenant des laboratoires ;
  • créant du matériel ludique ;
  • proposant des démonstrations, interventions et formations autour de son expertise sous la forme de prestations de service ;
  • s’adressant particulièrement au domaine de l’éducation.

 

Vous aussi vous souhaitez participer à la vulgarisation des sciences cognitives ? Vous avez envie de rejoindre une équipe jeune et dynamique ? Que vous ayez de l’expérience dans le domaine ou non, quel que soit votre cadre de travail ou d’étudiant, vous pouvez dès à présent vous positionner pour un futur poste, mission ou soutien au sein de l’association.

 

Parmi nous, quelques membres investis et motivés se sont déjà proposés pour certains postes du fait de leur connaissance et expérience actuelles du projet mais n’hésitez tout de même pas à postuler à tous les postes. Les élections auront lieu lors de l’assemblée constituante. Vous pouvez d’ores et déjà candidater ici pour tous les postes qui vous intéressent, la clôture des inscriptions est prévue le 24 septembre à 23h.

 

candidater

 

N’oubliez pas, de remplir le bulletin de présence pour annoncer votre participation ou votre souhait de devenir membre, cela permettra de définir au mieux les lieux de rencontres à travers la France.

bulletin de présence

 

Nous avons hâte de vous retrouver !

liste des postes         statuts            réglement        charte

Livre : Le cerveau expliqué à mon petit fils

Cela faisait plusieurs fois que je voyais Le Cerveau expliqué à mon petit-fils dans les bibliothèques, rayon « Enfants », et je me suis décidée à l’acheter.

Jean-Didier Vincent est professeur de physiologie, membre de l’Académie ds Sciences et de l’Académie de Médecine. Dans ce livre, il explique à l’aide de plusieurs mini-chapitres l’anatomie et les fonctions (mémoire, langage, contrôle des sens…) du cerveau. Il replace aussi ces découvertes dans un contexte historique, résumant l’émergence des sciences cognitives et les débats associés, tels que les liens entre l’esprit, la pensée et le cerveau.

 

J’ai toutefois été surprise par le style de l’ouvrage, que j’imaginais plus ludique. Le format de « dialogue » semble par moments un peu artificiel, et les transitions, à l’écrit, sont un peu brutales. Le contexte dans lequel j’avais trouvé le livre et mes propres préconceptions m’avaient amenée à imaginer le « petit fils » comme un enfant d’école élémentaire. Fausse route ! Il est en fait âgé de 16 ans. Les explications reposent donc sur des connaissances scolaires et culturelles déjà fournies (le cerveau, les hormones commencent à être enseignés au lycée). Le niveau m’a tout de même semblé un peu haut, les phrases étant denses, et le vocabulaire riche. Par exemple, en parlant du sommeil paradoxal, Jean-Didier Vincent écrit : « Il consoliderait les traces mnésiques ayant une valeur essentielle à la survie du rêveur. C’est en effet dans le domaine de l’adaptation et de la dimension temporelle de l’état fluctuant de la psyché que se trouve la fonction la plus importante de ce sommeil » p. 50 (souligné par nous). Comprendre cette phrase requière d’avoir saisi plusieurs notions en amont. Un glossaire, et davantage de schémas pour les parties techniques, auraient peut-être été les bienvenus.

La richesse de cet ouvrage en fait cependant un outil intéressant pour préparer, en tant qu’éducateur, des interventions ou leçons sur le cerveau. Pour les jeunes enfants, un deuxième effort de clarification et de vulgarisation semble nécessaire. Ayant moins d’expérience avec des élèves de lycée que du primaire, je vous laisse juges du niveau de difficulté : certains passages peuvent peut-être s’intégrer plus que d’autres au programme traditionnel. De manière globale, ce livre condense les thèmes principaux des sciences cognitives, et les informations permettent d’alimenter une culture certaine pour entretenir des interactions avec les enfants.

BD: Les petites bulles de l’attention

Une BD pour comprendre les mécanismes de l’attention ? Dessinée et rédigée par un Directeur de recherche ? C’est possible !

Jean-Philippe Lachaux travaille au sein de l’Unité Inserm “Dynamique Cérébrale et Cognition” à Lyon. En cette fin d’année 2016, les éditions Odile Jacob publient son ouvrage Les petites bulles de l’attention. Se concentrer dans un monde de distraction. On voit assez rapidement que le format est inédit : plus petit qu’une BD, plus grand qu’un livre, assez fin mais bien rempli.

Le “livre” comprend trois parties:

  1.  Une BD sur l’attention, destinée aux petits et grands (dès la maternelle)
  2. Une reprise et un approfondissement des explications, sous forme de texte, assorti de dessins et propositions d’expériences pour mieux comprendre son attention
  3. Un petit jeu de questions / réponses pour ceux qui se demandent toujours comment se concentrer

On pourra s’étonner de découvrir que les dessins, au design comique et coloré, sont de l’auteur lui-même. Chaque planche de BD porte un titre explicite, pour expliquer une notion précise. Jean-Philippe Lachaux commence par expliquer ce qu’est le cerveau et à quoi il sert. Les neurones entrent bien entendus en scène, prenant la forme de créatures proches des éléphants: les informations arrivent pas les oreilles (dendrites) et les messages sont envoyés par la trompe (l’axone). Si vous trouvez que cela est différent de notre version Cogni’Junior, c’est parce que ces fascinantes cellules éveillent des idées et métaphores différents chez les scientifiques eux-mêmes ! La BD oscille entre un format narratif et des explications scientifiques, toujours illustrées. Le livre est écrit à la 2e personne du singulier et le personnage principal est le lecteur (désolé, vous serez un chauve à la tête bien ronde). Pour différentes actions exécutées par le personnage, on voit ses neurones s’activer.

Jean-Philippe Lachaux explique les mécanismes de l’attention avec beaucoup d’imagination et d’humour. Il utilise des images vivantes et des métaphores pratiques visant à mieux contrôler son attention. On retrouve ainsi Maximoi, le sage aux grandes intentions, qui donne des missions précises et concrètes à Minimoi pour une exécution rapide et efficace. L’image de la poutre est aussi très parlante pour qualifier le type d’attention requis pour certaines tâches: plus ou moins longue, plus ou moins étroite (difficile à traverser), plus ou moins haute (associée à des enjeux importants).

Nous allons nous arrêter là pour ne pas spoiler la lecture 🙂

Le texte suivant la BD en reprend les notions principales. On regrettera parfois de ne pas avoir eu des informations plus tôt. Par exemple, les neurones de la BD ont différentes couleurs en fonction de leur localisation dans le cerveau. (C’est peut-être fait exprès pour relire la BD !). De plus, Jean-Philippe Lachaux utilise l’image de neurones- chefs pour parler des neurones du cortex préfrontal, notamment impliqués dans la planification d’actions complexes. Etant donné cette fonction de coordination, c’est une métaphore tout à fait justifiée. Cependant, c’est un parti pris que nous avons souhaité éviter dans notre narration Mimi la microglie, afin de mettre en avant l’activation de réseaux cérébraux étendus et de ne pas donner l’image d’un centre localisé de l’identité. On comprend bien toutefois dans l’ouvrage de Jean-Philippe Lachaux qu’une personne se définit par de multiples désirs, intentions et actions impliquant un vaste ensemble de neurones. La deuxième partie de l’ouvrage est donc une reprise utile de la BD, et les expériences proposées sont simples et ludiques. Un petit bonus aurait peut-être été une liste de références externes pour continuer la recherche d’information sur le sujet (à la fois pour les éducateurs et les jeunes).

En bref, un livre à recommander, pour entrer dans le sujet, passer un bon moment et/ou discuter de l’attention avec les plus jeunes.

  • Pour un format plus traditionnel de livre scientifique, vous pourrez trouver l’ouvrage Le Cerveau Funambule. Comprendre et apprivoiser son attention grâce aux neurosciences (2015), du même auteur.
  • Comme on est un peu égoïstes, on vous fait un peu de pub pour notre BD.
  • La Main à la Pâte propose des activités à faire en classe sur l’attention.

 

Jessica Massonnié

Point scientifique – Conte 2 Mimi et le mouvement volontaire

Aujourd’hui vous avez la chance de découvrir le nouveau conte de Cogni’Junior :

Mimi et le mouvement volontaire

Nous revenons maintenant une revue de littérature numérique sur les notions scientifiques abordées dans le conte:

 

  • le cerveau à tous les niveaux :
    Ce site web est une mine d’or. Nous vous proposons le lien spécifique au mouvement, mais le site est à explorer en général.
    Vous pouvez retrouver les étapes du conte de Mimi et le mouvement volontaire avec les différentes régions impliquées dans le mouvement. C’est un parfait parrallèle avec le conte, si vous voulez une vue d’ensemble résumé.

  • un cours sur les noyaux gris centraux, un autre parlant du mouvement volontaire, un autre sur la voie motrice (au cas où quelque chose vous échappe encore)
    Si les sciences cognitives vous intéresse et que vous cherchez des mooc ou des cours pour approfondir vos connaissances, pensez à aller voir les sites comme « slideshare ». Beaucoup de chercheurs donnent des cours et certains partagent leurs slides/présentations en libre accès. Alors à vous d’explorer la toile ou les sites personnels des chercheurs qui mettent les liens vers leur slide dans la section « cours », à côté de leur publication. Si vous vous intéressez à ce que le chercheur étudie et que les articles scientifiques sont un peu trop compliqués, trop long, trop spécifiques pour vous, souvent leurs présentations sont une bonne base pour en savoir plus et avoir une présentation globale de leur sujet de recherche. Et puis … il y a plus d’image !
  • lecture plus avancée : un article scientifique sur les cellules gliales et leurs disfonctions dans le système nerveux périphérique et un autre sur les mécanismes de protection de la moelle épinière
    Il existe une grande littérature sur la voie motrice, que ce soit pour le mouvement, la représentation du mouvement ou les maladies liées aux différentes structures impliquées dans le mouvement. Si lire des articles scientifiques ne vous fait pas peur, vous pouvez chercher dans google scholar ou pubmed des articles en lien avec ce qui vous intéresse. Commencez par les « métaanalyses » ou « revue de litérature » (métaanalysis / review) qui vous apporteront plus d’informations globales et digérées que les articles spécifiques. Et si vous n’avez pas d’accès aux articles via une institution, avant de payer un article très cher et sans savoir si le contenu est exactement ce que vous voulez ou non, contactez le premier auteur (ou un des auteurs) de la liste. Vous trouverez son contact sur son site ou même sur l’article. Si vous lui demandez gentilment, il pourra vous envoyer l’article (peut être pas la jolie version du journal, mais le contenu sera le même)
  • si vous voulez en savoir plus sur Parkinson (pensez à aller voir notre BD également)
    Nous avons volontairement limité les explications sur les maladies liées à la voie motrice mais il y a un certain nombre, si cela vous intéresse, allez voir nos BD et si vous cherchez de la vulgarisation sur une maladie spécifique, vous pouvez nous contacter … nous verrons ce que nous pouvons faire

Un Joyeux Noël 2015 dopaminergique

Pour ces fêtes de fin d’année 2015, Cogni’Junior prépare quelques surprises et en voici la première.

Nous vous offrons une BD de notre série sur les maladies neurodégénératives : Parkinson.

En ces moments de temps en famille, peut être avez vous un proche atteint de cette maladie. Comment expliquer aux enfants et aux grands enfants ? Nous vous proposons une BD qui pourra vous aider et vous amuser.

En vous souhaitant un Joyeux Noël.

L’équipe Cogni’Junior

Parkinson


Cette BD a été réalisée pour une intervention à la fête de la science 2015.
 

 

 

Télécharger la BD

Licence Creative Commons Attribution

 

Rencontrer Saint Nicolas: une histoire cérébrale

C’est la Saint Nicolas aux Pays-bas, plusieurs pays d’Europe du Nord et en Lorraine et quelques autres régions francaises samedi soir. Saint Nicolas va apporter les cadeaux aux bons enfants. Avez vous été sages cette année ? Etes vous prêts à le rencontrer, et est ce que votre cerveau l’est aussi ?

Alors que ce passe-t-il dans notre cerveau quand on rencontre Saint Nicolas dans la vrai vie ?1

D’abord, le cerveau a besoin de renverser l’image qui arrive au fond des yeux sur la retine. L’oeil est comparable a une lentille d’appareil photo, ce que nous voyons est retourné.

2

L’image atterit là bas, à l’arrière du cerveau. Cette région est appelée le cortex occipital parceque c’est contre un os nommé “occiput”. En Latin, ociput veut dire « à l’arrière du crâne ». Logique, n’est ce pas ?

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Ensuite, l’information visuelle est envoyé sur les côté du cerveau, juste derrière les tempes. C’est où vous pouvez trouver le cortex temporal (facile, non ?) et où les objects sont reconnus et comparés à ce que l’on connait à propose de Saint Nicolas: Un cheval blanc, un chapeau rouge, un baton, une barbe blanche … je sais, c’est Saint Nicolas!

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Bien sur, quand vous pensez à « Saint Nicolas » vous pensez probablement aussi au fait que les enfants sages auront des cadeaux et les autres auront une punition (le fouet). Ce savoir associé est remémoré par une autre partie du cortex temporal.

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Enfin peut être, vous recevrez l’un des deux: des cadeaux ou le fouet. Les presents comme les bonbons sont une récompense pour avoir été sage. Recevoir des bonbons activera les centres de plaisir du cerveau. Les manger aussi bien sûr. Quand nous recevons une récompense, nous apprenons une association positive. Plus tard, cela nous guidera notre motivation à nous conduire de la même façon : être un enfant sage.

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Cependant, une punition impliquera d’autre régions du cerveau comme l’amygdale. L’amygdale répond à la peur. Plus problématique, cela va arrêter l’activation des centres du plaisir.

C’est pourquoi enseigner avec des récompenses est meilleur qu’avec des punitions. Cela renforcent le plaisir de l’apprentissage au lieu de l’éteindre.

En fin de compte, l’histoire de Saint Nicolas a evolué et les punitions ne sont plus vraiment au programme. Peut être notre savoir sur le fonctionnement du cerveau a joué un rôle dans cette évolution de la société. Après tout, c’est déjà le cas pour les méthodes d’enseignement.

En savoir plus: 
Brain from top to bottom

 

cet article a été publié à l’origine sur le blog : donders wonders

Et si vous faisiez de la science ?

Un nouveau concept émerge dans la façon dont nous faisons de la science : les citoyens sont impliqués dans les découvertes scientifiques. C’est une situation gagnante pour tout le monde : les citoyens peuvent répondre à leur propre question et les scientifiques peuvent collecter de nouvelles données. Etes-vous intéressé par faire de la recherche ? Les découvertes prendront toujours du temps à venir mais regardons comment vous pourriez vous impliquer et aider.

Récemment, un groupe de lycées espagnols sont venus présenter à mon laboratoire, le Donders Institute, les résultats d’une étude scientifique qu’ils mènent depuis deux ans. Ces jeunes chercheurs se posait la question de si les couleurs de leur classe affectait leur attention et leur productivité pendant les cours. Encadrés par deux chercheurs du Donders Guillaume Sescousse et Mathilde Bonnefond, ces étudiants ont mis en place une expérience et après ce que c’était de faire de la recherche. Une des plus importantes choses qu’ils ont apprises fut que les expériences ne fonctionnent pas toujours comme nous le voudrions. Pour résoudre ces problèmes, accompagnés par leurs encadrants, les lycéens ont pris du recul et ont analysé la situation pour essayer d’améliorer leur expérience. Et ils ont fait ça encore et encore tout en apprenant beaucoup.

Crowd sourcing : aider les scientifiques

Ensemble, nous sommes plus fort. Cela s’applique aussi en science, votre aide est de grande valeur pour les scientifiques Par exemple, récolter des données prend vraiment beaucoup de temps. Vous pouvez rejoindre des communautés de scientifiques citoyens qui collectent des données. Il y a beaucoup de projets en cours à travers le monde qui cherchent des volontaires. Cela peut être aussi simple que d’observer son chien et de partager ses notes sur une base de données en ligne.

Répondre à sa propre question

Passez le pas, conduisez votre propre projet de recherche (avec encadrement). Une possibilité est de suivre un chercheur dans son laboratoire : les experts de votre sujet pourraient être intéressés. Essayez de rendre votre question le plus spécifique possible et peut être d’avoir une idée de comment étudier la question.

Les questions scientifiques ne proviennent pas forcement des laboratoires. Vous pouvez aussi réaliser vos expériences sur le terrain avec l’aide de chercheurs. Comme les lycéens espagnols, vous pouvez faire votre propre projet en prenant partie dans le projet européen qui fait le lien entre citoyens et chercheurs «  les nouveau comanditaires » . Les sujets recouvrent les relations entre l’aide sociale et la sclérose en plaque ou encore le lien entre la tolérance et l’amitié. Si vous êtes enseignant et voulez faire de la recherche en science cognitive dans votre classe, regardez du côté des « savanturiers du cerveau ».

Si vous avez besoin de ressources pour votre expérience, Vous pouvez trouver ce dont vous avez besoins dans les « laboratoires collaboratifs et citoyens », comme la Waag society à Amsterdam ou encore le Coglab au sein de la Paillasse à paris. Ces laboratoires sont ouvert aux citoyens et ont des noms super cools comme : hackerspace, openlab, makerspace ou encore fablab. Ils appartiennent tous aux mouvements do-it-yourself. Certains de ses labo, comme le frysklab et son bus, viennent même jusqu’à votre porte !

Donc, maintenant vous avez quelques idées de comment et où faire de la recherche. La prochaine fois (et j’espère bientôt) que vous aurez une question scientifique, tentez l’aventure, impliquez-vous. N’hésitez plus, faite de la science !

 

PLUS D’INFO

le projet de Molins de Rei

l’article que les étudiants ont publié

Guillaume Sescousse  Mathilde Bonnefond

Dognition.com

brain catalogue

Eyewire

les nouveaux commanditaires

les savanturiers du cerveaus

the waag society

frysklab

article : why question is more important that answer

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Vice-Versa : la vie mouvementée d’un cerveau humain

L’équipe de Cogni’Junior comprenant quelques mordus de dessins animés, nous ne résistons pas à l’envie de partager notre impression sur le dernier film de Pixar, Vice-Versa, sorti en salles en France le 17 juin 2015. Nous y découvrons l’intérieur du cerveau de Riley, peuplé de cinq créatures ayant chacune une personnalité typique, correspondant à la joie, la tristesse, la peur, la colère et le dégoût. Alors que Riley, fille unique, vivant avec ses deux parents, doit déménager à San Francisco, la joie, qui était jusqu’alors principalement aux commandes, semble avoir disparue… Parallèlement à l’histoire de Riley, nous suivons donc l’aventure de Joie, perdue dans le cerveau, et souhaitant rejoindre au plus vite les quartiers généraux afin de redonner le sourire à Riley.

 

 

Cinq émotions nécessaires…

Les cinq émotions choisies correspondent pour plusieurs scientifiques à des émotions dites primaires. Bien que leur classification précise et leur caractère universel soient débattus (1), elles seraient présentes dès l’enfance et communes avec les vertébrés supérieurs. Leurs fonctions, dans le film, comme dans la réalité, sont d’aider à interpréter l’environnement, agir, penser, communiquer. Chacune a son importance, malgré ses désavantages. Le dégoût permet ainsi de se protéger contre des substances potentiellement néfastes pour l’organisme, mais il s’avère délétère lorsqu’il s’étend de manière injustifiée aux relations humaines, restreignant la sociabilité. La peur, pour sa part, aide à éviter les dangers mais est parfois paralysante pour agir dans des environnements nouveaux. La colère se manifeste lorsque l’on s’oppose à une situation, ce qui aide à défendre ses valeurs auprès d’autrui. Mais elle pousse à réagir impulsivement et sans tenir compte de tous les aspects de la situation. La tristesse, représentée par un personnage hilarant, permet, par la sensation de manque, de comprendre ce qui nous est cher, ou de faire l’expérience de l’empathie. Cependant, elle peut contraindre au manque d’initiatives et à la dépression. La joie, au contraire, favorise les comportements d’approche.

 

… Mais à garder sous contrôle !

Les émotions permettent de prendre des décisions rapides et intuitives, issues de leurs fonctions évolutives. Ainsi en est-il de la peur ressentie face à un animal dangereux, ou de la joie accompagnant l’acte sexuel. Cependant, en cas de dysfonctionnement, il est nécessaire de les réguler afin de s’adapter au mieux à l’environnement. Par exemple, nous pouvons ressentir une peur intense en apercevant, dans une forêt, une branche ressemblant à un serpent. Mais une fois que nous prenons conscience qu’il s’agit d’une chose inoffensive, nous nous calmons. Dans Vice-Versa, la joie est mobilisée au maximum afin de proposer des solutions créatives aux problèmes, prendre du recul, alimenter l’imagination et l’anticipation positive. Représentée à la manière d’une fée clochette, elle apparaît comme le personnage principal. En réalité, la régulation des émotions est en grande partie assurée par le cortex préfrontal, situé à l’avant du cerveau (sous le front !).

 

Mémoire et coloration des souvenirs

Dans Vice-Versa, chacune des émotions est associée à une couleur, qui teinte les souvenirs, représentés sous la forme d’une boule en verre. La mémoire qui est ici en jeu est la mémoire épisodique (localisée au niveau du lobe temporal), qui permet de stocker et récupérer les souvenirs des événements de notre vie, et le contexte spatial et temporel de leur occurrence. Mais nous disposons aussi d’autres types de mémoire, qui ne sont pas représentés dans le film : la mémoire sémantique, correspondant aux connaissances générales que nous avons sur le monde (par exemple : « Pixar est un studio de production cinématographique ») et la mémoire procédurale, qui nous permet de développer des habiletés motrices, cognitives et verbales s’exprimant dans l’action (par exemple : faire du vélo). Dans le film, la coloration des souvenirs, modifiée selon l’évolution de la personnalité de Riley, leur renforcement et affaiblissement sont des phénomènes illustrant d’une façon très poétique la construction de l’identité.

 

Le sommeil : fermeture des quartiers généraux du cerveau ?

Lorsque Riley dort, nous voyons le cerveau complètement inactif, à l’exception d’une créature qui surveille, sur un écran, la génération des rêves. En réalité, notre cerveau est loin d’être inactif la nuit, et contribue toujours à la formation de la mémoire. C’est pendant le sommeil que certaines connexions cérébrales sont affaiblies ou renforcées : comme nous ne pouvons nous souvenir de tout, le cerveau trie en fonction des besoins. Le sommeil s’avère également très précieux pour consolider les apprentissages, en rejouant ce que l’on a fait en état de veille. Le train de la pensée devrait donc avoir un fonctionnement 24h/24h, quelques soient les revendications des employés !

 

Une infinité de petites créatures dans notre cerveau

On regrettera enfin, dans le dessin animé, l’image courante d’un bonhomme à forme humaine qui appuie sur un bouton pour faire fonctionner le cerveau. Bien que la vulgarisation et le souhait de divertir poussent à créer des personnages aux formes humaines (Mimi n’est pas exemptée), cela nous confronte à un problème logique dit « de régression à l’infini » : les petites créatures dont nous suivons les tribulations ayant également leurs propres émotions, qui appuie sur leurs boutons ? En fait, il s’agit du cas, classique en sciences cognitives, de l’homonculus, un « petit homme » (comme l’étymologie l’indique) qui régirait le fonctionnement du cerveau mais dont le propre fonctionnement reste à expliquer ! Les réalisateurs n’ont pas souhaité illustrer les vraies cellules et constituants peuplant le cerveau. Vous pouvez découvrir les neurones et cellules gliales dans notre conte « Mimi la microglie ».

 

Malgré ces quelques critiques d’ordre scientifique (plus ou moins justifiées dans la mesure où le dessin animé de Pixar ne semble pas avoir pour vocation d’être un documentaire), nous vous recommandons chaudement ce film vivant, plein d’humour et visuellement très agréable. Après Big Héro, on ne peut que noter la volonté des studios d’animations de s’ouvrir vers ce vaste domaine des sciences cognitives et d’ancrer un peu plus celui-ci dans le quotidien des jeunes. En espérant avoir vos commentaires =)

 

 

(1) Certains auteurs ajoutent par exemple la suprise (Ekman, Plutchik), d’autres parlent de satisfaction et non de joie (Kempler), ou de mépris à la place du dégoût (Izard). Le débat repose sur la définition précise des émotions primaires et de leur distinction par rapport aux émotions secondaires. Pour certains auteurs (tel que Plutchik), ces dernières seraient composées de deux émotions primaires (par exemple, la tristesse et la surprise formeraient la déception). Pour d’autres (Oatley et Johnson-Laird), elles correspondent à l’association d’une émotion primaire et d’une représentation. Ainsi, la classification du mépris peut être discutée car ce ressenti implique l’application d’un jugement de valeur. Vous pouvez consulter ces pages pour plus d’informations.

 

Vous trouverez également l’avis de deux chercheurs ici et . Nous vous recommandons enfin la lecture de cet excellent article.